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Jusqu'au dernier. La destruction des Juifs d'Europe

Épisodes

Autopsie d'un meurtre

Résumé de l’épisode 7

Le 20 novembre 1945, le procès des hauts responsables du IIIe Reich, dont Göring, s’ouvre à Nuremberg, la ville où avait été rendues publiques les lois anti-juives de 1935. Un an plus tard, le tribunal militaire international condamne à mort 12 des accusés et sept à des peines de prison. Tout au long des auditions, il n’a été que très peu question de la Shoah, quelques témoins juifs ont été appelés à témoigner et seul Hans Frank, le gouverneur général de Pologne, reconnaît les persécutions dont les juifs ont été victimes. Mais pour la France, l’Angleterre et l’Allemagne d’après-guerre, il n’est pas souhaitable d’organiser d’autres procès.

Ce sont les autorités américaines qui vont traduire en justice les hauts magistrats, les médecins, les diplomates, impliqués dans la Shoah. Un jeune juriste de 27 ans, Ben Ferencz, est chargé de trouver les documents qui permettront de soutenir l’accusation dans les 12 nouveaux procès alors que les nazis ont largement détruit leurs archives à la fin de la guerre.

Il finit par trouver des centaines de documents entreposés dans une petite maison dans la forêt de Dahlem, près de la frontière belge, et notamment 4 cahiers regroupant des rapports du front de l’est. Il s’agit du compte rendu minutieux des fusillades de masse et des massacres perpétrés contre les Juifs de l’Ukraine aux pays baltes, entre 1941 et 1944, par les Einsatzgruppen, les unités mobiles de tuerie. Ferencz arrive à convaincre ses supérieurs d’organiser un procès dont il va être le procureur général.

Il met en accusation pour crime de guerre et crime contre l’humanité 24 responsables, bien conscient que c’est une goutte d’eau face au nombre des meurtriers de masse. Pas un des accusés ne reconnait sa culpabilité, n’éprouve de remord, tous se réfugient derrière l’obéissance aux ordres. Le 10 avril 1948, le tribunal prononce 14 peines de mort. Mais ce premier procès consacré uniquement au génocide passe totalement inaperçu.

Vont aussi être mis en accusation les médecins ayant procédés des expérimentations médicales sur les déportés, les dirigeants d’IG Farben, soutien sans faille des nazis et leader de l’industrie chimique allemande, producteur notamment du zyklon B, le gaz utilisé dans les camps de la mort et dont les usines avaient utilisé comme main d’oeuvre les juifs déportés.

Mais la dénazification en cours se heurte à la guerre froide naissante et à la reconstruction allemande. Pour rebâtir une administration, un système universitaire, rendre l’institution judiciaire à nouveau opérationnelle, on s’adresse à des hommes d’expérience, issus de l’administration du IIIe Reich. Beaucoup de nazis sont passés entre les mailles du filet et si IG Farben a fini par indemniser les familles des déportés et des travailleurs forcés, c’était pour tirer un trait sur la période. Les compagnies d’assurances ont, elles aussi, été plus que réticentes à indemniser les survivants qui doivent aussi reconstruire leur vie et retrouver un endroit où habiter.

En Pologne, le retour des survivants ne va pas de soi. Une infime minorité a fait ce choix dans les mois qui ont suivi leur libération. Ils trouvent leurs appartements occupés et se regroupent dans les grandes villes du pays. Jusqu’au pogrom de Kielce. En juillet 1946, suite à des rumeurs sur l’enlèvement d’enfants chrétiens par d’anciens déportés, 40 juifs sont tués durant la journée du 4 juillet.

La moitié des juifs qui ont survécu quittent la Pologne dans les trois mois qui suivent. Le gouvernement polonais transforme le camp d’Auschwitz en lieu de commémoration à la mémoire des victimes polonaises de la Seconde Guerre mondiale.

Détails

  • Catégorie : Épisode documentaire
  • Année de production : 2013
  • Pays d'origine : France
  • Durée : 00:52:00

GÉNÉRIQUE

  • réalisateur: Blanche Finger
  • réalisateur: William Karel

À propos

Jusqu'au dernier. La destruction des Juifs d'Europe

Soixante-dix ans après la libération du camp d’Auschwitz, notre film en huit volets sur la destruction des Juifs d’Europe a pour ambition d’explorer une histoire qui s’enracine avant même le début du XXe siècle et se déploie aujourd’hui encore. Avec une unique question : comment, et non pourquoi, la « Shoah » a-t-elle pu être pensée, mise en place et exécutée, en Allemagne, mais aussi dans tous les pays occupés par le Reich et les collaborationnistes ? Et un parti pris : recadrer le questionnement relatif à la Shoah dans une période où l’on voit simultanément les historiens approfondir leurs recherches et le discours public banaliser l’extermination des Juifs.

En raison de sa nature et de son ampleur, le génocide perpétré par le régime nazi contre les Juifs de 1933 à 1945 a profondément marqué l’histoire contemporaine. Notre film va raconter comment la « Solution finale » est née de la volonté qu’eurent des hommes de détruire jusqu’aux cadavres, à la langue et à la mémoire d’autres hommes. Ce génocide unique dans l’histoire par son caractère systématique fut l’oeuvre de toute une société moderne et industrielle, mobilisant l’ensemble des secteurs du régime et notamment les élites conservatrices, dont l’appui fut capital pour l’installation de la dictature nazie et l’accomplissement de ses forfaits.

Détails

  • Catégorie : Documentaire
  • Année de production : 2013
  • Pays d'origine : France

GÉNÉRIQUE

  • réalisateur: Blanche Finger
  • réalisateur: William Karel