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Sacrés objets

On ne m’aime pas

ÉCRIT PAR : La clôture
PUBLIÉ LE : 6 novembre 2017

Les Québécois n’aiment pas les clôtures. Regardez bien autour de vous et comparez le Québec aux pays européens. Vous verrez qu’ici, nous ne sommes pas très nombreuses. Je ne sais pas trop si c’est parce que les Québécois aiment voir l’horizon ou parce que, de façon générale, ils s’entendent bien avec leurs voisins, mais une chose est certaine, je n’ai pas la cote ici.

Mis à part les clôtures à vaches que l’on retrouve dans les campagnes du Québec, les clôtures à neige qui bordent nos routes l’hiver ou les clôtures à orignal dans le parc des Laurentides, les Québécois ne semblent pas se soucier plus qu’il ne faut de leur sécurité ou de leur intimité. Et quand on essaie de leur imposer une clôture, ils la démolissent.

Comme en 2001, au Sommet des Amériques de Québec. Ceux qui y étaient s’en souviennent. Une grande conférence économique allait se tenir en plein cœur de Québec. C’était quelques mois avant les attentats du 11 septembre à New York. Il y avait de l’électricité dans l’air. Le mot-clé à l’époque était « alter-mondialiste », un mouvement de fond qui mobilisait la jeunesse partout dans le monde et qui remettait en question l’ordre mondial.

Des manifestants se préparaient depuis longtemps à l’événement de Québec. Ils voulaient faire comprendre leur ras-le-bol aux dirigeants et aux économistes qui les gouvernaient.

Pour prévenir ces débordements, les autorités ont fait appel à moi. Quelques années plus tôt, à Seattle, une réunion similaire avait eu lieu et s’était terminée en émeute. Alors, pour éviter que l’histoire se répète, la sécurité du Sommet a décidé de mettre en place une clôture de 4 km tout autour du centre-ville de Québec.

Les manifestants ont vu ça comme un affront, un refus de dialoguer, d’écouter ce qu’ils avaient à dire. Ils ont commencé à le dire à voix haute. Puis, ils se sont massés sur moi et finalement, c’était inévitable, ils ont essayé de me faire tomber.

Résultat : plus de 400 arrestations et près de 500 blessés, 5 000 bombes lacrymogènes et près de 1 000 balles de caoutchouc ont été tirées sur les 50 000 manifestants.

Je vous le dis. Je ne suis pas paranoïaque, mais j’ai vraiment l’impression que les Québécois ne m’aiment pas trop. Chaque fois que moi ou une de mes collègues on se lève, il y en a toujours qui protestent et qui essaient de me faire tomber.

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