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Sacrés objets

J’en ai ras la pelle!

ÉCRIT PAR : La pelle
PUBLIÉ LE : 27 novembre 2017

Vous savez ce qui me choque le plus dans la vie? L’injustice.

Un exemple, amusez-vous à taper les mots « symboles du Québec » dans Google. Vous obtiendrez plusieurs pages de résultat. Allez voir pour le plaisir le premier lien Wikipédia qu’on vous propose. On va vous donner une liste des symboles du Québec :

  • L’iris versicolore
  • Le bouleau jaune
  • Le harfang des neiges
  • La fleur de lys

Sérieux? Le harfang des neiges? Qui a déjà vu un harfang des neiges en vrai, sauf sur une bouteille de vin bon marché? Et l’iris versicolore? Je suis prête à parier ce que vous voulez que seulement une très petite minorité de Québécois serait capable de faire la différence entre un iris versicolore et un pissenlit!

C’est moi qui devrais être le symbole du Québec. Je suis dans tous les foyers de la province et même dans toutes les autos. Sans moi, l’économie entière du Québec serait bloquée pendant presque six mois. Je fais partie des premiers objets que doivent se procurer les immigrants lorsqu’ils arrivent ici.

Mais voilà. Personne ne m’aime.

Je suis une pelle. C’est banal une pelle, me direz-vous. Attendez d’être pris dans un banc de neige, après une tempête de 30 cm en pleine ville de Québec, Montréal ou Gatineau… Vous verrez, vous ne me trouverez pas banale. Mais demandez à un harfang des neiges de vous aider ou, mieux encore, à un iris versicolore de vous pousser… On va rigoler.

Non, sérieux. Pensez-y… Il y a combien de pays dans le monde où tous les foyers possèdent au moins une pelle? Vous pensez que les résidants de Los Angeles ont besoin d’une pelle? Ou ceux de Venise? Ici, que vous soyez riche ou pauvre, urbain ou rural, propriétaire ou locataire, la pelle est votre compagne la plus sûre. Grâce à elle, vous aurez une chance de survivre à l’hiver.

Ma mission est de vous ouvrir la voie, de vous tracer le chemin, de vous sortir de l’ornière. Ça n’est pas assez noble pour vous, peut-être? Et c’est quoi, la mission d’un bouleau jaune?

Gilles Vigneault a dit : « Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver ». Et là-dessus, tout le monde est d’accord. Ici, c’est l’hiver. C’est de ça qu’on parle toute l’année, même en été. Quand il fait beau et chaud, on l’apprécie encore plus, en sachant ce qui nous attend dans quelques mois. C’est aussi la première chose dont parlent tous les nouveaux Québécois, d’où qu’ils viennent : l’hiver, la neige, le froid. Demandez au premier immigrant que vous croiserez dans la rue aujourd’hui : « Qu’est-ce qui vous a le plus marqué à votre arrivée ici? » Il y a de fortes chances qu’il vous réponde l’hiver ou la neige.

Mais si vous lui demandez « Comment avez-vous réussi à passer votre premier hiver au Québec? », je vous parie une pleine pelletée de neige qu’il ne vous dira pas « grâce à ma pelle ».

C’est exactement ce que je vous disais : le Québécois (et même le néo-Québécois) est ingrat.

Sacrés objets

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